Comment connaître le secret d’un bon enseignant ?

Comment connaître le secret d’un bon enseignant ?

imagesQuand je me suis mis à enseigner les Mathématiques à des élèves de seconde, je leur disais souvent:
« Réfléchissez simplement! ».
Montaigne avait donc bien raison quand il écrivait dans ses Essais : »Mieux vaut une tête bien faite qu’une tête bien pleine ».
Voilà un des secrets du pédagogue, inspirer simplicité et confiance.

En effet, les Mathématiques, science de la logique et du raisonnement axiomatique, pourrait paraître quelque peu insurmontable pour des élèves perdus dans leurs démons ou apeurés par l’échec.
Je me souviens: certains partaient en rébellion, d’autres se plaignaient mais les plus attachants restaient ceux qui faisaient preuve d’humanisme et d’humilité.
Ainsi je m’efforçais, dans mon devoir d’enseignant de les réconforter en leur disant que les expériences forgeaient le caractère et qu’il fallait surtout apprendre à relativiser.
Échec ou réussite: tout ceci semble n’être que peccadilles face à ce monde où les guerres, la faim et les massacres dévastaient comme un ouragan cette planète si belle.

Pendant une journée de printemps, une jeune élève est venue vers moi en versant quelques larmes devant ses mauvais résultats. Instantanément, je pris sans réfléchir la décision de la coacher en cours particuliers.
Durant ces têtes à têtes, elle se mettait à raconter le sourire aux lèvres, ses joies, ses peines et sa liaison conflictuelle avec sa mère.
Deux mois plus tard, sa moyenne avait considérablement augmenté et sa mère me remercia par une lettre pleine de reconnaissance. Bref, j’étais passé au stade de psychologue.

Ainsi, par ce que j’ai vécu dans ce milieu, j’ai pu constater qu’un bon professeur est un être qui s’oublie pour se mettre au service de ses étudiants. Là est le secret.
En effet, une bonne formation est signe d’un bon formateur, indéniablement. J’ai alors vite compris que la pression et la compétition, symbole de l’éducation Nationale Française, n’avait aucun sens dans cette société puisque mes élèves savaient que je n’étais pas là pour les surveiller ou leur donner des leçons de vie, mais, pour leur donner goût aux Mathématiques.
Certains même prenaient plaisir à cogiter sur des exercices quasi insolubles pour leur niveau!
C’est pourquoi, je n’ai jamais apprécié l’esprit de mes collègues, et, un an plus tard, je donnais ma démission pour partir au Canada où l’air est pur et vivifiant.

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